Aujourd'hui, plus de vingt ans après la décompression du régime de Mobutu,
la R.D. Congo patauge dans ses efforts pour instaurer un ordre politique
qui soit démocratique et respectueux des droits civiques et politiques.
Après les élections mal préparées et la crise post-électorale, donnant
l'impression que rien ne marche au Congo, les membres de la diaspora
congolaise au sein du Collectif pour le Congo et de la Fédération des
Congolais de l'Étranger (FCE) ont décidé de consulter différentes
organisations, groupes et individus membres de la diaspora congolaise
pour réfléchir sur la situation du pays. Le Collectif pour le Congo
et la FCE ont organisé à Washington D.C., en juillet 2012, le premier
colloque post-électoral sous le thème : « R.D. Congo : enjeux
d'aujourd'hui et défis d'avenir ».
Les membres présents au colloque ont formulé certaines recommandations,
dont, entre autres, la poursuite des consultations pour aboutir à la mise
en place d'une structure fédératrice des forces vives de la diaspora
congolaise. Le Collectif pour le Congo, fort de la mission confiée par
le colloque de Washington et soucieux de faire siennes les recommandations
de l'assemblée des membres, accepte de participer au premier Congrès
post-électoral de la diaspora congolaise convoqué par le Congrès Congolais
de la Diaspora à Anvers, en Belgique, en décembre 2012, sous le thème :
« Construire la RDC jusqu'à ses pleines capacités ».
Les travaux n'ayant pas abouti, les membres ont convenu de se retrouver
dans six mois pour poursuivre les travaux.
Une troisième rencontre a eu lieu en juillet 2013 à Liège, en Belgique,
organisée par le Congrès Consultatif de la Diaspora Congolaise sous le
thème : « La diaspora congolaise face aux enjeux actuels et à venir :
quel rôle et quel cadre d'intervention et d'action ? » Les quatre forums
de la diaspora congolaise ont prouvé la nécessité de mettre en place
une structure fédératrice de l'ensemble des organisations congolaises
de la diaspora. C'est ainsi que le colloque de Liège est considéré
comme le fer de lance qui a conduit à jeter les bases de la mise en
place du COMMISSARIAT DE LA DIASPORA CONGOLAISE comme cadre et
plateforme de rencontre réunissant les membres de la diaspora
congolaise.
Après six mois de lecture et d'échange d'informations, une rencontre
a été organisée par le CCDC à Liège en décembre 2013 sous le thème :
« Diaspora Congolaise, force inévitable du changement pour la promotion
de l'unité nationale, de la cohésion nationale et de l'instauration
d'un État de droit ». Les membres en ont profité pour finaliser les
statuts et les signatures marquant la naissance du COMMISSARIAT GÉNÉRAL
DE LA DIASPORA CONGOLAISE (COGEDIA).
COGEDIA estime qu'il est temps et que le moment est venu de mettre de
côté nos idéologies d'emprunt, nos différences de façade et surtout
notre égoïsme. C'est pourquoi, conscient de sa mission de rassembleur
et de fédérateur, le Commissariat Général de la Diaspora ne vient pas
remplacer les structures existantes ni faire ce qu'elles font déjà.
COGEDIA se veut une plateforme de rencontres, un lieu de rassemblement
et de réflexion. Un lieu qui permet aux Congolais de la diaspora de
s'exprimer librement, de réfléchir, de proposer et de confronter aux
autres leurs visions et leurs stratégies pour le relèvement et la
libération du Congo.
COGEDIA, par sa mission et ses objectifs, vient ouvrir une nouvelle ère,
un nouveau paradigme holistique (intellectuel, politique et spirituel)
pour imaginer et créer un nouveau Congo, en adoptant une posture de
transcendance et de hauteur dans la pensée et l'action de reconstruction
d'un Congo digne, fier, debout et responsable de son destin.
Après plusieurs réunions de fondation et de définition de la mission
de conscientisation collective, de structuration intellectuelle et de
responsabilisation politique de la diaspora congolaise, COGEDIA
convoque en mai 2014 le Colloque International de la diaspora congolaise,
à Montréal, sous le titre : « La Diaspora congolaise face aux enjeux
actuels et défis d'avenir : QUELLE CONTRIBUTION ? », afin d'affirmer
sa mission qui consiste à mettre en synergie différentes organisations
de la diaspora congolaise dans le monde.
Le Colloque de Montréal était un point de départ dans le processus de
structuration intellectuelle et de structuration politique de toutes
les associations des diasporas congolaises afin qu'elles soient à la
hauteur des défis et des enjeux que pose l'insertion problématique du
Congo dans la géopolitique mondiale du XXIe siècle. Le colloque de
Montréal a fait preuve de créativité sémantique et politique en lançant
dans l'espace public quelques catégories opératoires capables
d'opérationnaliser la volonté de changement global des Congolais des
diasporas et de ceux du pays.
Voici ces concepts-clés :
(1) La CONGOVISION (est cette capacité
d'imaginer et de rêver d'un grand Congo à la hauteur du projet de Dieu
et de nos ancêtres sur cette terre bénie par Dieu),
(2) LA CONGODICTION
(est cette volonté d'énoncer dans l'espace public les grandes nervures
et les axes d'un nouveau Congo, debout, fier, digne et responsable dans
le concert des nations),
(3) LA CONGOGRAPHIE (est cette entreprise de
mise par écrit des grandes scansions qui constituent la texture de la
vision ainsi énoncée et annoncée dans les discours des Congolais),
(4) LA CONGOPRAXIS (est cette volonté intellectuelle et politique
d'opérationnalisation des projets, rêves et intuitions charriés par
la Congovision, la Congodiction et la Congographie),
(5) LA CONGOSOPHIE
(est la Sagesse qui remonte aux ancêtres fondateurs du Congo et qui nous
permet de travailler pour l'épanouissement de la vie sous toutes ses
formes au Congo)
(6) LE CONGOCENTRISME (est une posture
intellectuelle et politique qui caractérise toutes les pensées et les
actions des Congolais œuvrant dans le grand chantier de la Reconstruction
et de la Renaissance d'un Grand Congo debout, fier et digne dans un monde
globalisé et marqué par des logiques prédatrices du néolibéralisme
en déclin).
COGEDIA a participé en décembre 2014 à la Convention des Congolais
de la diaspora à Charmey, en Suisse, en vue de préparer les États
généraux de la diaspora congolaise, parce que COGEDIA croit que
« chaque génération a la mission de faire évoluer son peuple,
chacun doit travailler pour ne pas trahir cette mission ».
« L'HEURE EST VENUE POUR UNE GRANDE ACTION DE RÉVEIL PATRIOTIQUE,
L'HEURE DE LA VICTOIRE SUR NOUS-MÊMES POUR NOUS GUÉRIR DE L'HISTOIRE
DE NOS DÉFAITES ET DES TRAUMATISMES DE NOTRE IMAGINAIRE ». — Kä Mana